LES FORUMS SIMULATION FRANCE MAGAZINE

Les forums de toute la simulation - Le Site de toutes vos passions
Nous sommes actuellement le 08 Sep 2010, 14:56

Heures au format UTC [ Heure d’été ]




Rédiger un nouveau sujet Répondre au sujet  [ 4 messages ] 
Auteur Message
 Sujet du message: Ju 88 torp, son environnement ...
MessagePublié: 08 Avr 2010, 11:42 

Inscrit le: 30 Déc 2007, 09:37
Messages: 94
Ces derniers jours, je me suis amusé à me renseigner un tout petit peu suite à lecture d’une vidéo de la DT à propos du Torpedo KommandoGerät.

J’ai eu des messages d’amis que la petite présentation que j ‘avais réalisé pouvait aussi intéresser des personnes de la communauté. Pour cette raison, je me permets de la poster ici : Je la trouve très incomplète, très générale. Même sous un axe général, il y a encore beaucoup à dire sur le FliergerKoprs X et la méditerranée par exemple. Merci d’être indulgent ;)


****************************
Le Ju 88 torp , son environnement … qu’es aquò?

Un peu frustré, je dois bien l’avouer, de ne pas avoir dans IL2 cet outil de visée pour des appareils du Coastal command, ma curiosité m’a poussé à essayer d’entre-ouvrir la porte sur ce fameux Ju 88 torp (voir la vidéo de présentation qui nous a été fournie par la DT). Ce tout petit texte ci-dessous rassemblé à partir du net, sans prétention, est vraiment généraliste. A mes yeux, une étude plus approfondie est nécessaire si l’on souhaite aborder cet appareil sur un théâtre à une période précise. Eventuellement ce texte pourrait donner envie de corriger / poursuivre / de le compléter :D … le message est lancé … :wink:

(Vidéo de la DT du Ju 88 avec Torpedo KommandoGerät de la 4.10)
http://www.youtube.com/watch?v=dKFbIFu4v6o


1/ Le manque d’intérêt pour la torpille chez les Allemands

Depuis 1932 le développement Allemand des torpilles étaient dans les mains de la Kriegsmarine qui avait acheté les brevets de la torpille Horten en 1933 à la Norvège, pas adaptée aux hydravions, et les brevets Whitehead Fiume en 1938 à l’Italie. Les développements sur le largage aérien de la torpille furent poursuivis avec peu d’énergie par la Seeluftstreitkrafte (branche aérienne de la Kriegsmarine), et les résultats des opérations de combat furent bien gardées jalousement dans les mains des responsables de la Kriegsmarine. Les résultats étaient très médiocres. Lorsque finalement la Luftwaffe prit un intérêt sur les travaux des torpilles pour réduire les pertes lors des opérations anti navires, elle n’eut pas l’assistance attendue de la Kriegsmarine avec son expérience et due poursuivre les opérations anti navires par bombardement en piqué. Les développements restèrent ainsi jusqu’en fin d’année 1941. Il ne fut pas surprenant que peut de temps après la Seeluftstreitkrafte fut officiellement démantelée.

En 1941, la Luftwaffe décida de poursuivre ses propres développements avec l’intention de monter une puissante force de bombardiers torpilleurs. Les premiers essais de développements de torpille furent réalisés à Grossenbrode, sur le littoral de la baltique. A la suite d’essais exhaustifs sur les appareils possibles à employer, il apparu que le He-111 et en particulier la rapide Ju 88 étaient les plus adaptés. Le Kampfgeschwader 26 fût choisi pour être l’unité support de ce nouveau programme. Les Stab, I et III/KG26 furent spécialisés sur torpilles alors que le II/KG26 conserva sa spécialisation avec les bombes. Il opéra sous le Fleigerkorps X en méditerrannée. Le détachement des quelques He-111 du KG26 en opération durant l’automne 1941 fut bref par le manque de torpille.



2/ L’arrivée d’unités opérationnelles de la Luftwaffe sur Bombardiers torpilleurs

Les rivalités entre services et le peu d’intérêt montré en début de conflit sur cette arme firent qu’il fallu attendre le début d’année 1942 pour la voir vraiment arriver. En Janvier 1942, les demandes de la Luftwaffe pour centraliser et contrôler les développements de torpilles Allemandes et Italiennes furent acceptées. L’Oberst Martin Harlinghausen fût désigné pour diriger à la fois les développements des torpilles, leur fourniture, la formation et l’organisation opérationnelle avec l’école de formation sur torpilles établie à Grosseto en Italie. Durant les premiers mois de l’année 1942, le I/KG26 entreprit sa reconversion sur torpille qui dura entre 3 et 4 semaines. Ce groupe sur He-11H-6 pouvait emporter 2 torpilles sous les ailes entre les moteurs et le fuselage. Les torpilles utilisées étaient du modèle standard Allemand LT F5. Ce modèle peu fiable fut finalement remplacé par le modèle Italien F5B. Les versions LT F5b (version améliorée basée du modèle Italien fabriqué par Silurificio Whitehead di Fiume) et le modèle Italien LT F5W de 450mm furent finalement les modèles utilisés. Le F5W était préféré car parfois le détonateur du F5b ne fonctionnait pas lorsque la cible était touchée.

Image



Alors que le I/KG26 était en reconversion à Grosseto, son affectation future fut décidée. La LuftFlotte 5, basée en Norvège et Finlande pour opérer contre les convois maritimes Alliés à destination de Murmansk / Archangel. En Mars 1942, Goering ordonna à la LuftFlotte 5 de collaborer avec les unités de reconnaissance de la Kriegsmarine pour attaquer les convois lorsqu’ils étaient à porté des unités de bombardiers. Le I/KG26, basé à Banak et Bardufoss apporta 12 équipages avec ses He-111H-6 (torp). (Note des unités d’attaque de la Kriegsmarine sur He115 employaient déjà des torpilles. Principalement, la Luftwaffe avait déjà le KG30 (sur Ju 88) sur le secteur, il ne semble pas qu’à cette date des torpilles furent utilisées au KG30, fut il équipé de bombardiers torpilleurs plus tard dans l’année ???)



3/ Les premiers retour d’expérience et la mise en place de la Goldern Zange

En Mars / Avril 1942, de nombreux convois furent attaqués. Pour 35 navires coulés revendiqués, 7 furent réellement coulés. Cette première expérience permit de tirer des leçons. Ces dernière formèrent les bases des futures tactiques en vu de la montée en force de cette force de bombardiers torpilleurs naissante.

Détection / guidage :
La Luftwaffe employait deux méthodes pour permettre aux unités d’attaque de trouver le convoi. Un appareil de reconnaissance ou un U-Boot pouvait fournir la position du convoi et ses changements de direction ainsi que d’émettre un signal fournissant un vecteur de rassemblement pour arriver sur le convoi. L’autre méthode pour localiser le convoi était d’utiliser un appareil équipé d’un radar de recherche maritime au sein de l’unité d’attaque. Ce radar était de type FuG Rostock ou (plustard) FuG 200 Hohentwiel monté sur He-111, Ju 88

Largage et visée pour torpille :

(Les paramètres de vitesse et altitude cités sont ceux utilisés avec le He-111, il est possible qu’ils aient été les mêmes avec le Ju 88. Il se trouve que dans le camp adverse, au Coastal Command, les Torbeau avaient des paramètres de largage proches de ces derniers).

Le largage de torpille était un art. L’approche était réalisée à basse altitude. Chaque appareil positionné comme prévu dans la formation choisissait son navire à attaquer. La vitesse d’approche ajustée à 320km/h, l’altitude à 40m, ainsi la F5B pénétrait dans l’eau à l’angle optimum de 12°. Si la torpille était larguée à une vitesse inférieure et une altitude supérieure, la torpille piquait du nez et s’enfonçait trop dans l’eau ne lui permettant pas de remonter à la profondeur souhaitée. Une approche trop rapide et une altitude trop basse, la torpille pouvait ‘’ricocher’’ et être endommagée. Chaque He-111 ou Ju 88 emportaient 2 torpilles qui étaient larguée l’une à la suite de l’autre sur le même navire. La distance optimum de largage pour la F5B était à 900m de la cible. La torpille couvrait environ 250m en 3s durant sa chute dans les airs, elle poursuivait sa course à 33 nœud et il lui fallait 14s pour couvrir la distance restante. La distance minimum nécessaire à la torpille pour être opérationnelle était de 600m. Cette distance correspondait au temps nécessaire pour réaliser sa course dans les airs, s’armée et se stabiliser à la profondeur requise. Pour la visée, par exemple avec un cargo avançant typiquement à une vitesse de 8 nœud, ce point de visée était à environ 350m devant la cible avec un largage à 900m de distance (difficulté d’estimation de vitesse du navire, de la distance de celui-ci pour le largage). La longueur du navire permettait de compenser seulement une petite erreur. Suite au largage de la deuxième torpille, l’appareil se trouvait à environs 800m de la cible, il était alors trop tard pour faire demi tour.

Goldern Zange :
La défense des convois très organisée entraîna la Luftwaffe a adoptée une tactique nommée Goldern Zange. En premier lieu des bombardiers attaquaient le convoi par un bombardement par palier ou en piqué afin d’attirer l’attention sur eux et éventuellement de faire bouger les navires cherchant à gêner la visée des bombardiers pouvant désorganiser un peu le rideau défensif formé par les navires d’escorte autour du convoi. Le moment le plus favorable de l’attaque était le crépuscule, car juste après ce premier bombardement, des bombardiers torpilleurs arrivaient sur le flan du convoi du coté de l’hémisphère sombre. Pour maintenir l’élément de surprise, les bombardiers torpilleur volaient à 40m d’altitude. Ils volaient en formation de V espacée entre 6 et 10 appareils avec 3km entre chaque formation en V se succédant. Lorsque la formation se préparait à attaquer, les appareils s'espaçaient d'une distance latérale de 300m.
Dans la mesure où les navires / convoi virent l’arrivée des bombardiers torpilleurs, les navires pouvaient essayer d’esquiver la torpille en virant et se dirigeant face à elle et ainsi réduire sa surface de présentation (et son angle de « contact »). Pour parer à cette esquive, la méthode Goldern Zange consistait aussi à diviser les bombardiers en plusieurs groupes. Plusieurs Ketten attaquaient donc face au flan des navires. Une ou deux minutes après d’autres Ketten attaquait à 90° de l’angle de l’attaque initiale à partir de l’avant ou de l’arrière des navires. Ainsi les navires ayant virés présentaient leurs flans à la deuxième vague de bombardiers torpilleurs.
Cependant cette théorie fut rarement couronnée de succès par de nombreux impondérables de plus cette dernière rendait les formations de bombardiers plus vulnérables avec leur dispersion lors de la présence de porte avion avec leur chasse embarquée.
(Pour les vols d'aller/retour voir en fonction du contexte, cependant j'ai lu beaucoup de texte citant des vols au raz de l'eau sous la couverture radar et en adoptant un silence radio total.)

Image



4/ L’apogée des unités anti navires et l’arrivée opérationnelle du Ju-88 torp


Le convoi PQ17 perdit 23 de ses 33 navires en 5 jours !!!. Les Allemands avec un envoie total de 29 He-115, 30 Ju 88 et 43 He-111 furent responsable de 14 d’entre eux. La combinaison des bombardiers d’altitude et des bombardiers torpilleurs fut employée comme l’attaque de bombardiers torpilleurs sur différents axes. Mais la non synchronisation entre les bombardiers du KG30 et les bombardiers torpilleurs du I/KG26 limita fortement les effets de la tactique Goldern Zange. Les Britanniques firent l’erreur de disperser le convoi en croyant à tord que les forces navales de surface de la Kriegsmarine ayant appareillé pour intercepter ce convoi étaient proches, privant ainsi les navires de la concentration des défenses.


A la fin du mois de Juillet 1942, le III/KG26 finit sa reconversion à Grosseto et fut transféré avec ses Ju 88 (torp) à Rennes St Jacques en Bretagne. Finalement, il fut envoyé à Banak avec une force considérable de bombardiers, bombardiers torpilleurs et appareils de reconnaissance.

Image

Pour permettre l’emport de torpilles, des kits de conversions furent produits pour modifier le Ju 88A-4. Ce dernier consistait principalement à ôter les dispositifs d’emport de bombes, de visée pour les bombes et de freins de piqué pour ajouter des dispositifs pour emporter 2 torpilles avec les dispositifs de contrôle et de visée. Ajouté à ces derniers équipements propres aux torpilles, ces Ju 88A-4 reçurent un FuG 101 (contrôle de l’altitude), d’un FuG 200 (radar de recherche), une gondole de nez pour un canon MG/FF, d’un coupe câble de nez. Ainsi monté il nommé Ju 88A-4/torp. Le succès du Ju 88A-4/torp conduit à la décision de produire en petite quantité des appareils sur cette base. Il fut désigné Ju 88A-17. Il était identique à son modèle de base converti, avec la gondole sous le nez en moins. Ce nouveau modèle opéra dans des unités conjointement avec des modèles reconvertis.

Image


Avec l’expérience désastreuse du PQ17 pour les Britanniques, ces derniers prirent de nombreuses mesures défensives dont l’ajout d’un porte avion au sein de l’escorte pour le prochain convoi. En Septembre 1942, ce convoi, le PQ18, fut repéré et attaqué. Les Allemands en dépit de l’augmentation de la défense, voulurent frapper un grand coup pour donner un point d’arrêt à ces convois. Les Allemands rassemblèrent une force considérable au nord de la Norvège. 42 bombardiers torpilleurs He-111H-6 et 35 bombardiers torpilleurs Ju 88A-17 du KG26. Ils opérèrent conjointement avec les bombardiers Ju 88 du KG30 en appliquant la tactique Goldern Zange. Plusieurs attaques furent réalisées.
Cette fois bien que la tactique Goldern Zange fonctionna, les pertes Allemandes furent lourdes, 41 appareils de perdu et 3 U-Boot, pour 13 navires sur les 40 du convoi. L’aviation causa la perte de 10 navires sur les 13.
Cette défaite était due à la présence des Hurricanes et des Martlets (version Britanniques des Wildcats) de la Royal Navy, la longue exposition des bombardiers sous le feu de la DCA et l’intense barrage de DCA entraînant un largage particulièrement approximatif des torpilles. Les tirs anti aériens, particulièrement du 20mm Oerlikon étaient considérés comme plus menaçant que les chasseurs d’escorte de la Royal Navy. L’observation des sillages de torpilles ou coups au but était proches de l’impossible de part les manœuvres évasives effectuées dès que la torpille était larguée.
Les chances de secours à un équipage à la mer étaient pratiquement nulles, la durée de vie dans ces eaux glaciales de l’Arctique se mesure en minutes seulement. Les Ju 88 (torp) du KG26 eurent plus de succès que les Ju 88 du KG30.

Image



5/ Le crépuscule

Ainsi réalisées, ces précédentes attaques massives furent les dernières de cette ampleur de la Luftwaffe. Dans ce cadre, jamais plus une telle concentration et de tels résultats ne furent atteints en Méditerranée comme ailleurs. [La suite est à travailler ...]
Bien que ces opérations anti navires se poursuivirent contre les convois en Arctique, avec les Alliés qui débarquèrent en Afrique du Nord, la Méditerranée devint un pivot des opérations anti navires. Cependant la supériorité aérienne Alliées causa de fortes pertes dans ces unités anti navires. Par la suite, la faible performance des bombardiers torpilleurs était partiellement due à l’inexpérience des équipages comblant les pertes, la suprématie aérienne Alliée et la relégation des opérations en attaques nocturnes lorsque l’opposition aérienne était plus faible. La profonde crise de carburant et autres pénuries limitèrent la formation des nouveaux équipages.



Merci d'avoir lu et de commenter :D :wink:

_________________
Image
Pack de missions Norvège, Jagdwaffe face au Coastal Command


Dernière édition par Belly le 08 Avr 2010, 20:57, édité 1 fois au total.

Haut
 Consulter le profil  
 
 Sujet du message: Re: Ju 88 torp, son environnement ...
MessagePublié: 08 Avr 2010, 13:10 

Inscrit le: 17 Oct 2008, 11:23
Messages: 93
Merci beaucoup.
J'ai apprécié le schéma du convoi.
C'est un sujet passionnant, et l'existence de Ju88 torpilleur me donne moi aussi des idées ..


Haut
 Consulter le profil  
 
 Sujet du message: Re: Ju 88 torp, son environnement ...
MessagePublié: 09 Avr 2010, 19:43 
MODERATEUR GLOBAL
Avatar de l’utilisateur

Inscrit le: 12 Mar 2008, 17:16
Messages: 521
Localisation: Pornichet (44)
Superbe article !! Clair net et précis !
La suite la suite !


Haut
 Consulter le profil  
 
 Sujet du message: Re: Ju 88 torp, son environnement ...
MessagePublié: 11 Avr 2010, 17:23 
Avatar de l’utilisateur

Inscrit le: 14 Sep 2008, 18:02
Messages: 1127
Localisation: Médoc - Fr
Merci ! Passionnant ! J'ai tout compris !

_________________
********************************************************************************************
ImageImage


Haut
 Consulter le profil  
 
Afficher les messages précédents:  Classer par  
Rédiger un nouveau sujet Répondre au sujet  [ 4 messages ] 

Heures au format UTC [ Heure d’été ]


Qui est en ligne

Utilisateurs parcourant ce forum : Exabot [Bot] et 4 invités


Vous ne pouvez pas publier de nouveaux sujets dans ce forum
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Vous ne pouvez pas éditer vos messages dans ce forum
Vous ne pouvez pas supprimer vos messages dans ce forum
Vous ne pouvez pas insérer des pièces jointes dans ce forum

Rechercher pour:
Sauter vers:  
Powered by phpBB © 2000, 2002, 2005, 2007 phpBB Group
Translated by GeeksOnline © 2007 GeeksOnline